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Lycaons du Botswana

  • Lycaon
    Lycaon

Les derniers chiens sauvages d’Afrique

Une meute patchwork noir, blanc et ocre glisse entre les herbes jaunies de la savane. Immobile sur une large branche, un vautour acquiesce du cou. Un jeune lycaon rejoint les autres chasseurs. L’antilope dépecée offre ses entrailles à la meute. Celui-là guette encore autour de lui. Le moindre bruit oriente ses oreilles arrondies et son puissant museau. La carcasse de l’antilope rétrécit à vue d’oeil sous les claquements de mâchoires. Pourtant les lycaons vont devoir quitter la place, sans doute se reposer avant d’arpenter de nouveau leur territoire.

Ils sont entre 3000 et 5000 à se déplacer ainsi entre la savane, les plaines semi désertiques et la forêt dense des hautes terres mais leur population décline régulièrement en dehors des zones protégées. Ils ont disparu au Kenya. Leur nombre reste satisfaisant au sud de la Tanzanie dans la réserve de Selous ou bien au Zimbabwe (parc Hwange), au nord du Botswana (Chobe et Moremi) et en Afrique du Sud ( Parc Kruger).

Les lycaons sont une espèce en danger selon l’IUCN et inscrit comme telle sur la liste rouge. Les deux principales menaces qui pèsent sur le lycaon sont les activités humaines et les maladies infectieuses (rage et maladie de Carré). Leur habitat se réduisant, les lycaons se retrouvent au contact des chiens domestiques et des hommes. Habitués à parcourir des distances allant jusqu’ 40 km, les meutes de lycaons s’aventurent souvent hors des réserves non clôturées. Lions et hyènes ne leur font la vie facile non plus. Les lycaons vivent avec une faible densité de population sur un même territoire, de sorte qu’ils sont plus vulnérables à l’extinction.

Bien que protégé juridiquement, les lycaons continuent de disparaître dans plusieurs pays. Il nous reste beaucoup à apprendre sur eux : caractère génétique des populations de chiens sauvages en Afrique orientale et Afrique australe, les raisons d’avoir un grand domaine vital, leur communication, leur paternité etc…Il nous reste à développer de nouvelles stratégies pour les aider à survivre : vaccination, cohabitation avec les activités humaines d’élevage notamment.

Le lycaon, ce chien sauvage d’Afrique est comme un dernier miroir pour nos civilisations : domestique ou captif nous lui accordons mollement une chance de survivre à nos cotés. Jamais davantage. Sa progressive extinction nous éloigne un peu plus de nos aspirations à préserver la faune africaine dans sa biodiversité. Chaque action menée pour limiter la vie d’une espèce sauvage nous entraîne un peu plus chaque jour vers moins d’équilibre.

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