  Le Chili est fascinant. La nature étourdit votre regard, tous vos sens. La nature envahit l’horizon. Vous évoluez dans d’autres espaces et donc dans un autre temps. Le temps du désert d’Atacama, lunaire, asséché et ridé. Le temps de la forêt de Valdivia avec ses lacs et ses volcans, qui abrite des espèces uniques telles l’alerce dont les anneaux de croissance ont livré des données climatologiques vieilles de 3625 ans, ou le coigüe, haut comme un immeuble de 16 étages. Le temps des fjords, des glaciers et des îles du bout du monde, en Patagonie chilienne, abritant le cormoran impérial et les pingouins de Magellan. Aujourd'hui il fait  à Punta Arenas.

Le chinchilla au Chilii
 L’habitat naturel des chinchillas est la cordillère des Andes, quelque part entre le Chili et l’Argentine. Les chinchillas sont aujourd’hui menacés d’extinction. Longtemps chassés pour leur fourrure, ils ont été également croisé pour approvisionner le marché européen et américain des animaux domestiques. Au début du 19 e siècle, on tuait 1,5 million de chinchillas par an ! Il faut attendre 1983 pour la création d’une réserve destinée à protéger les derniers chinchillas sauvages. Leur nombre ne cesse de décroître ( perturbation de l’habitat, maladie , prédation). Les tentatives de réintroduction en Californie , au Tadjikistan et au Chili ont échoué.
Carnet de Voyage À deux heures de bateau de Puntas Arenas, la réserve protégée de pingouins magellans. "Voilà deux jours que je piétine les larges avenues carrées de Punta Arenas. À cet endroit du globe, mon œil distingue une ligne d’horizon courbe. La terre s’arrondit dans les eaux bleues du détroit. Le vent glacé resserre mes poumons. Demain, c’est jeudi. Je serre dans ma poche mon billet pour Magdalena. L’île abrite la plus grande colonie de pingouins des environs de Punta Arenas. Jusqu’à 200.000 pingouins viennent se reproduire dans cette réserve protégée. Un cargo rouge à la coque rouillée accoste près de l’embarcadère. Il ouvre ses cales dans un immense bâillement. J’escalade la passerelle de fer qui conduit derrière la cabine de pilotage. Un souffle froid pique les coursives du navire. Le bateau jette l’ancre. Je fixe mon regard à bâbord. La côte s’éloigne dans un bleu glacial. Nous naviguons au cœur du détroit. À tribord, je distingue au loin les contours de la Terre de feu, ultime paravent avant la fin du monde. Les rafales de vent, la pluie et le froid ne détournent pas mon regard de l’horizon. Je la cherche. Lorsque soudain, je vois des silhouettes sombres au ventre blanc onduler le long du navire. Le ciel se couvre de gris. La lumière du détroit rebondit métallique sur les vagues ardoises. J’entrevois un infime accroc pointer sur l’horizon. Nous approchons. L’île Magdalena est un large rectangle de terre vallonnée. Un petit phare blanc et rouge surplombe l’île. Il abrite le centre de recherche (Conaf). Deux scientifiques se relaient en permanence toute l’année. Le bateau oblique à tribord. Nous abordons l’île. Des cris s’éparpillent en écho. Je vois les premiers pingouins déambuler sur les gros galets gris de la plage. Un groupe d’individus court vers le rivage et s’engouffre dans l’océan avec un énorme plaisir. Nous jetons l’ancre. Le sentier est balisé. Il me conduit en serpentant jusqu’au petit phare rouge et blanc. Les pingouins m’encerclent. Couchée au fond de son terrier, une femelle couve. De jeunes pingouins déambulent en criant à tue-tête. J’ai conscience qu’ils ont adapté leur comportement au contact des visiteurs… Je lève les yeux. Toute la colline est peuplée de pingouins. Une pluie cinglante s’abat sur l’île. Je cours me réfugier au phare. La pluie cesse aussitôt. Des hauteurs de l’île, je mesure davantage la magie de ce lieu. Ici, les couleurs du détroit finissent souvent par rejoindre un arc-en-ciel. Capitonnée dans ma laine polaire, je redescends la colline en déambulant. Les pingouins jettent leurs derniers cris. Je remonte sur la passerelle du navire et regarde s’éloigner avec bonheur le contour sauvage de l’île de Magdalena."
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