
Pour révéler la diversité de chaque continent. C’est au 19 e siècle que le regard des naturalistes nous offre les plus belles découvertes : celle du nénuphar géant d’Amazonie aux feuilles de 2 mètres de diamètre (Victoria Regia),
de la Welwitschia Mirabilis du désert du Namib, celle de l’arbre à roses (Rhodondendron), ou bien celle encore de la plus grande fleur du monde (Arumtitan) avec ses 3 mètres de haut au cœur des forêts humides de Sumatra.
Les voyages d’Alexander Humboldt en Amérique du Sud (1799-1804), de Friedrich Welwitsch en Angola et en Namibie (1853), de Joseph Dalton Hooker au Sikkim et dans l’Himalaya (1848-1851), de Odoardo Beccari à Sumatra ont permis de découvrir des milliers de nouvelles espèces, d’une variété de formes, de couleurs et de senteurs extraordinaires.
En cette année 2010 de la biodiversité, décrétée par les Nations unies, à savoir près de 200 ans après ces grandes découvertes botaniques, que reste t-il de notre goût pour l’exploration du vivant, de notre insatiable curiosité pour les animaux et végétaux des contrées lointaines, de notre passion pour partager les immenses découvertes que nous réserve la nature ?


Deux siècles plus tard, un tiers des espèces sauvages de la planète est menacé d’extinction et avec elles, tous ces plantes sauvages qu’ont eu le bonheur d’observer pour la première fois ces naturalistes d’exception. Conservation est devenu le maître mot de ces dernières décennies comme s’il fallait enfermer dans de la naphtaline tous nos espoirs de renouveau du monde vivant : les herbiers et les zoos deviennent les valeurs refuges des collectionneurs. On partage la rareté bien plus que la diversité. Notre curiosité s’éteint un peu chaque jour lorsque nous avons le sentiment, ou bien l’illusion, de parcourir le monde, en quelques clics sur le web. Notre passion devient culpabilité à chaque fois que nous décidons de prendre un avion pour nous rendre de l’autre côté de la planète pour toucher le monde, des arbres magiques, des plantes emblématiques et des mammifères endémiques.
Explorer et conserver la diversité de la faune et de la flore, retrouver notre instinct naturaliste, retrouver le souffle du voyageur, c’est sans doute la meilleure façon d’agir en faveur de la biodiversité.
Plantes menacées – liste rouge IUCN